Ingénieur Arts & Métiers, André Joffre travaille depuis plus de 35 ans dans le domaine des énergies renouvelables. PDG du bureau d’études Tecsol et Président du pôle de compétitivité Derbi (Développement des énergies renouvelables dans le bâtiment et l’industrie), ce passionné des énergies renouvelables apporte au quotidien son expertise en matière d’énergie solaire et s’est prêté au jeu des questions-réponses de DualSun :

Andre-Joffre

Quelle est selon vous l’importance ou l’urgence du développement des énergies solaires ?

Le débat sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre est clos. L’accord de Paris vient de le démontrer dans une belle unanimité. Pour y parvenir il faut développer les économies d’énergie et substituer aux énergies carbonées, celles qui produisent moins ou pas du tout de gaz à effet de serre. Hors, parmi les énergies renouvelables dont la compétitivité progresse le plus vite se trouve l’électricité photovoltaïque.  Au point que celle-ci fait jeu égal avec l’éolien, technique jugée naguère inaccessible. Le photovoltaïque présente par ailleurs des atouts en termes d’intégration au bâtiment et de décentralisation de la production, c’est-à-dire proche des points de consommation, limitant ainsi le recours au réseau.

Il ne faut pas oublier également le solaire thermique, qui n’est pas encore entré dans le cercle vertueux de l’amélioration de sa compétitivité. Mais les prix bas des produits pétroliers vont contraindre ce secteur à innover et à se remettre en question.

Dans 20 ans, quelle vision avez-vous du solaire ?

Le solaire photovoltaïque va connaitre une croissance considérable du parc installé. En 2023 celui-ci devrait représenter une puissance supérieure à 1000 GW, c’est-à-dire quatre fois plus que la puissance installée aujourd’hui. En conséquence le prix des cellules solaires devrait diminuer de moitié d’ici cinq ans. Cela signifiera que l’électricité solaire sera, et de très loin, la moins chère. On pourra même considérer que le prix d’une toiture solaire sera voisin de celui d’une toiture conventionnelle et dès lors le prix de l’électricité solaire sera voisin de zéro. Autant dire que d’ici 20 ans, et certainement avant, tous les toits seront bleus et la plupart de nos concitoyens produiront eux-mêmes une partie de leur électricité ? Cela va entrainer une totale redistribution des cartes entre les acteurs du marché de l’électricité, redistribution qui a déjà commencé.

Quelle est la première chose qui vous vient à l’esprit avec l’expression « 2-en-1 » ?

andre-joffre-ds-mini« Faire d’une pierre deux coups ». On a toujours recherché dans le domaine du solaire dans le bâtiment à faire jouer un double rôle aux équipements solaires. Ils ont souvent constitué l’enveloppe du bâtiment, la toiture, les parois verticales, les garde-corps de balcons… le but étant de rechercher des économies de structure qui venaient s’ajouter à la production d’électricité. Dans le cas de DualSun, il faut prendre en compte une troisième fonction qui est la récupération d’énergie thermique provenant de la transformation du rayonnement lumineux en chaleur. De plus le module agit comme un échangeur sur l’air extérieur, qui peut être utilisé comme circuit primaire d’une pompe à chaleur. Ainsi, on aurait pu qualifier les modules DualSun de « 3-en-1 »