“La Provence” s’apprête à lancer son troisième appel à candidatures pour récompenser des entreprises innovantes

LaProvence.com logoLa région Provence-Alpes-Côte d’Azur, perçue dans sa globalité par l’Insee comme étant la 14e région la plus riche d’Europe, se classe au 163e rang en terme d’emploi et pointe au 101e rang des territoires européens les pus touchés par la montée du chômage. Caractérisée par un tissu économique largement dominé par les services et les petites entreprises, attractive et ouverte sur le monde de part sa position géographique et son histoire, la région Paca se caractérise aussi par la moindre présence sur son sol d’entreprises industrielles.

Mais Paca est aussi un territoire où la création d’entreprise reste vivace et où il n’est pas rare de voir émerger des sociétés innovantes. Des start-up que “La Provence” invite à concourir à l’occasion de la 3e édition de ses Tremplins de l’Économie. Il suffit pour cela que la jeune pousse soit âgée de moins de trois ans, que son siège social soit en Provence et qu’elle ait un potentiel de croissance avéré. À l’image des lauréats de l’édition 2013 dont nous rappelons le parcours et regardons les projets futurs.


DualSun porté par le panneau solaire hybride

DualSun aux tremplins de l'Eco à Marseille

Fondée à Paris en juillet 2010 par Jérôme Mouterde et Laetitia Brottier, deux ingénieurs de Centrale, c’est sous le soleil du Midi que DualSun s’épanouit. Inventrice d’un panneau solaire capable de produire de l’électricité et de l’eau chaude, l’entreprise, à qui le Jury des Tremplins a décerné une bourse de 5 000 euros, s’apprête aujourd’hui à franchir une nouvelle étape de son développement.“Notre technologie est brevetée et nous avons obtenu une certification européenne. D’où notre mutation”, explique Jérôme Mouterde. DualSun, qui sous-traite la fabrication, s’est aussi entourée de partenaires pour diffuser ses panneaux qui ont fait l’objet de plusieurs tests dans notre région. “Dès cette année notre ambition est de réaliser un chiffre d’affaires de 600 000 euros. L’année prochaine le seuil du million d’euros devrait être atteint.” L’entreprise renforce aussi son équipe de huit personnes avec des commerciaux et songe à se développer en Europe. Mais surtout, DualSun qui envisage une levée de fonds dans les mois qui viennent, songe à une seconde génération de panneaux hybrides. ” Le but est de parvenir à un nouveau produit à l’horizon 2016″, souligne Jérôme Mouterde.


Soigner l’autisme dès la naissance

Yehezkel Ben-Ari n’en démord pas : la lutte contre l’autisme est en passe d’accomplir un grand pas. À la tête de Neurochlore, une entreprise qu’il a créé en janvier 2012 sur le campus de Luminy, là où s’épanouissent les biotechs du pôle Eurobiomed, le directeur émérite de l’Inserm et fondateur de l’Institut de neurologie de la Méditerranée, consacre sa retraite à tester un médicament.

Une molécule diurétique générique connue, la bumétanide, dont il a découvert qu’elle pouvait aider à réduire une trop grande présence de chlore dans le cerveau d’un jeune enfant. La cause de l’autisme, selon lui. Les premiers essais ont été opérés sur des souris, puis sur des groupes d’enfants, et de net progrès enregistrés. D’où le dépôt d’un premier brevet international et cette idée qu’on pourrait traiter l’autisme avec un sirop. C’est à ce stade de ses travaux que Neurochlore a été distinguée par les Tremplins et a obtenu une bourse de 10 000 euros.

“Je regrette qu’en France on soit si frileux”

Depuis, le chercheur, entouré d’une équipe de sept personnes, poursuit ses efforts. En février dernier, Yehezkel Ben-Ari a publié un article dans la revueSciences. Il y exprime cette thèse que tout se joue à l’approche de l’accouchement et pendant celui-ci. La trop grande présence de chlore ayant des effets à long terme. La molécule sur laquelle il travaille permettrait de jouer un rôle régulateur. Mais pour l’utiliser, encore faut-il en cerner tous les effets et éliminer ceux indésirables. Un challenge qui demande des moyens.

Et c’est là que les choses ne vont pas aussi vite que Yehezkel Ben-Ari le souhaite. “Mes soutiens financiers, c’est aux États-Unis que je les ai obtenu avec la fondation Simons. Je regrette qu’en France on soit si frileux, enrage-t-il.L’objectif est de parvenir à accomplir l’ensemble des tests, dont une première série à la fin de cette année, Ils certifieront qu’il n’y a pas d’effets secondaires et de là, il sera possible d’obtenir à l’horizon 2016 une autorisation de mise sur le marché d’un médicament sous la forme d’un sirop et de pilules.”

Mais surtout, Yehezkel Ben-Ari aimerait que Neurochlore développe elle-même une molécule appropriée. “Cela résoudrait bien des problèmes. Mais il me faudrait 7 millions d’euros sur quatre ans et 1,5 million pour débuter.” Ces moyens viendront-ils d’un partenaire français, ou bien d’un autre, étranger ?

Jean-Luc Crozel
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