Spécialiste du solaire hybride, DualSun a décroché, fin mai, un financement de 900 000 euros de l’État et des collectivités territoriales dans le cadre de l’appel à projet collaboratif du Fond Unique Interministériel des Pôles (FUI 17). Une étape de plus pour l’entreprise créée par deux ingénieurs centraliens, qui développe depuis 2010 une solution certifiée alliant photovoltaïque et thermique. Jérôme Mouterde, co-fondateur, revient sur les perspectives ouvertes par les solutions hybrides et l’autoconsommation dans le marché résidentiel.

NeextVotre solution hybride produit à la fois de l’électricité (face avant) et de la chaleur grâce à des panneaux thermiques (face arrière), quel pourcentage de l’énergie créée est autoconsommée ?

JM : Pour le thermique, c’est forcément de l’autoconsommation avec un stockage par ballon d’eau chaude, mais pour le photovoltaïque, nous proposons les deux possibilités, vente à ErDF ou autoconsommation. Si, lorsque nous avons lancé notre solution sur le marché français en 2010, la très grande majorité des clients choisissait la revente, nous avons constaté cette année que l’autoconsommation était de plus en plus demandée, même si elle reste un marché de niche.

Il s’agit davantage d’un choix personnel du client – la vente de l’électricité reste plus rentable – ou dans le cas d’une configuration spécifique, lorsque l’installation se trouve en site isolé, un refuge de haute montagne par exemple.

Ce type d’installation non raccordée est-elle forcément associée à une solution de stockage dont on dit souvent qu’elle a tendance à faire doubler le budget total ?

JM : Le stockage induit encore en effet des coûts très importants. A titre personnel, je ne suis donc pas forcément pour favoriser cette solution même s’il est très important que la R&D se poursuive dans le domaine. En France, si une habitation est raccordée au réseau, il est en effet plus cohérent d’injecter l’électricité produite dans le réseau, sauf pour effacer un pic de consommation éventuellement… Mais cela reste une perspective.

En général, nos clients qui ont fait ce choix de consommer leur production ne disposent pas de solutions de stockage : l’électricité alimente, en journée, une grande partie des appareils de l’habitation. Après 18 h, le réseau prend le relais. Évidemment, cette répartition peut être amenée à évoluer si des avancées se font jour dans le domaine mais cela sera dans un second temps.

Vos solutions sont-elles intégrables à un projet de rénovation ?

JM : Tout à fait. La technologie hybride permet de s’adapter à de très nombreux cas de figure en rénovation : à performances égales, nous avons besoin d’une surface de 10 m2, contre 15-20 m2 maximum pour une installation photovoltaïque “pure” et 4 m2 pour une “thermique” pure.

En termes de budget, on se situe, pour une maison individuelle, autour de 8 000 euros TTC, avec un CIDD pour la partie thermique (15 à 25% en fonction du type et du nombre de travaux).